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« Un Romain ne devrait pas ressentir ça… La transgression des normes émotionnelles dans la Rome antique »

Vient de paraître :

Archimède, 13, 2026

 

*** Dossier thématique 1 : « Un Romain ne devrait pas ressentir ça… La transgression des normes émotionnelles dans la Rome antique »

(Dir. Mathias NICOLLEAU)

 

Mathias NICOLLEAU
« Un Romain ne devrait pas ressentir ça… La transgression des normes émotionnelles dans la Rome antique : introduction » [texte intégral]

Johan VEKSELIUS
« Roman Tears in Victory. A Motif between Literature and History, Greece and Rome » [texte intégral]

Louis AUTIN et Claire PÉREZ 
« Peuples en (l)armes. Émotions populaires “en excès” et mort du souverain » [texte intégral]

Gaëlle PERROT 
« Les émotions des soldats romains, du contrôle à la frénésie, à la fin de la République et sous l’Empire » [texte intégral]

Aurélie LARCHER
« Le chagrin et l’impiété : transgresser les deuils familiaux » [texte intégral]

Marie HAUSHALTER
« Le rire des martyrs. Une transgression émotionnelle de la mort héroïque romaine (IIe-IIIe siècles) » [texte intégral]

Hélène MÉNARD
« Colères en justice dans l’Antiquité tardive : “juste colère” et transgression des normes émotionnelles » [texte intégral]

Gaëlle HERBETH
« Tout ce qu’une femme de l’Antiquité tardive ne devrait pas être. Théodora, Antonina et la transgression des attendus du statut aristocratique féminin au VIe siècle de notre ère » [texte intégral]

Mathias NICOLLEAU
« Un Romain ne devrait pas ressentir ça… La transgression des normes émotionnelles dans la Rome antique : quelques pistes de réflexion en guise de conclusion » [texte intégral]

 

 

Furor. Politiques de la folie à Rome (Pierre-Henri Ortiz)

Source : Les Belles Lettres

Pierre-Henri Ortiz, Furor. Politiques de la folie à Rome, Les Belles Lettres, 2026

Furor

Présentation

Les notions anciennes et modernes de la « folie » recouvrent le plus souvent des réalités bien différentes, et celle de furor ne fait pas exception. Exprimant en général une idée d’aliénation dans laquelle le sujet est comme dépossédé de lui-même, elle désigne en premier lieu un trouble grave de la compréhension et de la volonté dont les racines s’enfoncent dans les profondeurs du corps. Dans un second sens, elle est le nom du sentiment tragique qui inspire aux foules anarchiques comme aux souverains tyranniques des actions mettant en cause les cadres élémentaires de la souveraineté républicaine. Depuis les origines de la cité, la condition de ceux qui souffrent du furor de la première espèce impose à la puissance publique de superviser des mesures de garde (custodia) et de protection (cura). L’édifice juridique qui en est issu se précise à la mesure que l’État romain étend son empire. Quant au furor de la seconde espèce, image poétique empruntant ses traits à toutes les espèces de « folie », il justifie d’appliquer aux ennemis publics le douloureux remède des maladies désespérées et il légitime, par une analogie avec le droit exceptionnel appliqué à la démence, le recours à un état d’urgence.
Cet ouvrage, se concentrant sur la période romaine mais examinant aussi les sources grecques, propose pour la première fois une histoire politique de la folie dans l’Antiquité. À travers cet objet, il présente les pratiques romaines du pouvoir dans leur irréductible complexité.

Mollesses masculines

Source : Droz

Daniele Maira, Mollesses masculinesÉthiques de l’efféminement, d’Érasme à Montaigne, Droz, 2026

Dans la culture de la première modernité, les hommes se fardent de discours qui instituent la virilité comme un idéal. Pour échapper au ratage de ce modèle, la notion de mollesse comme efféminement est brandie comme un repoussoir dans les écrits de philosophie morale, de médecine, de droit, de politique, de littérature et même d’éloquence. En suivant ce fil rouge, cette étude révèle l’existence inattendue d’une confrérie de masculinités efféminées, qui ne se réduit pas aux homosexuels : les impuissants, les lâches, les eunuques, les paresseux, les sédentaires, les ivrognes, les masturbateurs, les tyrans, les jeunes avides de nouveauté ou encore les amoureux passionnés… Autant de figures qui, loin de se soumettre, se détournent parfois de l’injonction virile, assouplissent un idéal dépassé ou laissent transparaître une mollesse originelle. Ces masculinités molles invitent ainsi à la découverte épistémique de soi et du monde. Par là même, elles suggèrent un dépassement critique des limites et des frontières pour expérimenter de nouvelles formes de vivre, à l’instar de Montaigne qui souhaite « vivre mollement ». Une plongée fascinante dans les marges de la virilité, où la mollesse masculine devient acte de résistance.

  • Sommaire

TABLE DES MATIÈRES

REMERCIEMENTS

ABRÉVIATIONS

INTRODUCTION

Les traces de la mollesse masculine

Les mots et les maux du mâle et du mol

De l’homme au vir effeminatus

Des masculinités molles et efféminées, ou l’agentivité de la mollesse

Première partie

LA FABRIQUE PHYSIOLOGIQUE DE L’HOMME MOL ET EFFÉMINÉ : DE L’EMBRYON À L’ÂGE VIRIL

Chapitre premier. L’EMBRYOLOGIE ET LE CONTINUUM DES SEXES ET DES GENRES

Les origines spermatiques de l’efféminement

Physiologie de la mollesse

Prophylaxie de l’efféminement

Chapitre II. MOLLESSE DE L’ENFANT ET MALLÉABILITÉ DE LA MATIÈRE

Dé-mollir l’enfance

Éducation humaniste : pour en finir avec le féminin

Montaigne et la molle solidification

Chapitre III. L’IDÉAL-TYPE DE L’HOMME MOL ET EFFÉMINÉ

Les traités de physionomie

Efféminement hégémonique

Deuxième partie

DES HOMMES ÉCOUILLÉS : LES AVANTAGES AMBIVALENTS DE L’ÉMASCULATION

Chapitre IV. L’ESPRIT DE LA MOLLESSE

Les soubresauts de chaleur : le capital érotique des eunuques

Mollesses cognitives

Chapitre V. MOLLESSES ET MUTILATIONS FÉCONDES

Les bénéfices duplices de l’abstinence sexuelle

Ronsard et l’émasculation littéraire et sociale

Montaigne et la mutilation créative

Troisième partie

LE GAY SAVOIR : IVRESSE ET MOLLESSE

Chapitre VI. LES DANGERS GENRÉS DE L’IVRESSE

Sédentarisme lettré : la mollesse fortifiante des studia humanitatis

Les effets équivoques de l’ivresse

Panurge : boire ou ne pas boire ?

Chapitre VII. LES VERTUS DE L’IVRESSE AMOLLISSANTE

Requalification virilisante de la fureur dionysiaque

Montaigne et la présomption de modération

Mollesse et herméneutique dionysiaque

Quatrième partie

PECCATUM MOLLITIEI, THÉRAPIE MASTURBATOIRE ET REFAÇONNEMENT DES GENRES

Chapitre VIII. LA JOUISSANCE DU PÉCHÉ DE MOLLESSE : LE MASTURBATEUR À LA CROISÉE DES CHEMINS

Le péché théologique de mollesse : l’abdication de la virilité

La fin justifie les moyens : les détours de la masturbation thérapeutique

Chapitre IX. DES TRIBADES ET DES GODEMICHÉS : BRANTÔME ET LA MOLLESSE VIRILISÉE DES FEMMES

Des mollesses féminines « à la mode lesbienne »

Des imitations sans modèle : contrefaçons originales du masculin

Des corporalités élastiques

Cinquième partie

« DEBOLESSE, FLAQUESSE ET MOLLITUDE » : LE SPECTACLE DE L’IMPUISSANCE

Chapitre X. LA MOLLESSE MASCULINE AU PLACARD : LES SECRETS DE LA VIRILITÉ

Féminisation du mâle impuissant

Protectionnisme d’un idéal viril vulnérable

Des positionnements « féministes »

Chapitre XI. PERFORMANCES COMPENSATOIRES DE L’IMPUISSANCE

Des luttes lascives ou le spectacle joyeux de la mollesse

La « plaisante liberté » du couple

Panurge et l’espoir d’un virolet éternel

Chapitre XII. DIRE LES DÉFAILLANCES MASCULINES

Récit d’impuissance et bavardage

Montaigne et le courage de dire la vérité

Sixième partie

AMOUR AMOLLISSANT

Chapitre XIII. LES MOLLESSES ENDURCIES DANS DÉLIE DE MAURICE SCÈVE

Résistances pontiques à l’amour amollissant

Servitude amoureuse

L’amollissement moral et physique de l’amant

Amour et orties : amollissement sexuel

Les endurcissements virils du poète-amant

La mollesse des « durs épigrammes »

Chapitre XIV. LES MIGNARDISES FOLÂTRES DE LA PLÉIADE : POUR UNE POÉTIQUE DE LA MOLLESSE

La mollesse de la « folastrie », de la « gayeté » et de la « mignardise » Masculinités enivrées de mollesse

Un style efféminé et efféminant

Perse, Catulle, Ovide et les autres modèles poétiques

Chapitre XV. LE « GODMICY » D’HÉLÈNE : PÉTRARQUISME SEXUEL ET VIRILITÉ RESTAURÉE

Constance inconditionnelle versus inconstance mesurée

Les pulsions libidinales des bien-aimés pétrarquistes

Style fardé et pétrarquisme féminisant

Septième partie

LÂCHETÉ, PARESSE ET COMPASSION : DES HÉROS EN ROBE DE CHAMBRE

Chapitre XVI. DES CHEVALIERS RAMOLLIS ET EFFÉMINÉS

La recreantise d’Érec, une forme de vie transitionnelle

Guénelic, le chevalier en larmes : le désir de pusillanimité

Contaminations amollissantes et récit romanesque

Chapitre XVII. MOLLESSE ET COMPASSION DANS LES TRAGÉDIES DE JODELLE

Cléopâtre captive : les dangers de l’effémination

Didon se sacrifiant : la restauration d’une virilité déchirée

Pitié et amollissement viril

La puissance amollissante de la musique

Chapitre XVIII. MOLLESSES ÉPIQUES : FRANCUS ACAGNARDÉ, RONSARD PARESSEUX

Paresse féminisante du héros épique

Ronsard, figure de l’aède en paresseux

Origine royale de l’inaction épique

Origine psychophysiologique de la paresse

L’origine littéraire de la paresse

La Franciade, la puissance de ne pas être

Huitième partie

LE TRIOMPHE DE LA MOLLESSE ET DE L’EFFÉMINATION

Chapitre XIX. LA BOÉTIE, OU LE DISCOURS DE LA MOLLESSE VOLONTAIRE

Des tyrans et des tyrannisés lâches et efféminés

Le pouvoir amollissant du tyran, ou de la servitude involontaire

La molle volupté de la servitude volontaire : la tentation de la soumission

Au-delà de la mollesse et de la virilité

Chapitre XX. LE POUVOIR FARDÉ À LA COUR D’HENRI III : SATIRE ET PARODIE DU MASCULIN

Henri III en « putain fardée »

Des français fardés et châtrés

Masculinités concurrentes : le combat de chapons

Chapitre XXI. DES MOTS ET DES LETTRES : LES INFILTRATIONS DE LA MOLLESSE

Des vertus du parler mollement

L’apparition du e : sonoriser la mollesse

Montaigne et l’éloquence molle des Essais

Chapitre XXII. RUDESSE DES ANCÊTRES ET MOLLESSE CIVILISATRICE : LES DEUX DIALOGUES DU NOUVEAU LANGAGE FRANÇOIS ITALIANIZÉ D’HENRI ESTIENNE

La pureté mythique du français et la tentation de l’italianisme

Du langage français efféminé

La servitude volontaire au féminin

Neuvième partie

LA FAÇON MOLLE DE LA VIE MÂLE DE MONTAIGNE

Chapitre XXIII. MONTAIGNE ET UNE ÉTHIQUE DU « VIVRE MOLLEMENT »

La vigueur de la mollesse

Souffrir et mourir mollement

Mollesse et « volupté virile »

Chapitre XXIV. ANTHROPOLOGIE DE LA MOLLESSE

Requalifier la mollesse des subalternes

Les fards de l’art militaire

Chapitre XXV. MALLÉABILITÉ, RELÂCHEMENT, DÉCONTRACTION

Mollesses cinétiques et stabilités fluctuantes

Les contractions relâchées des nœuds

La vigueur délicate des Essais

Conclusion. L’AVENIR DE LA MOLLESSE

Les mollesses d’hier…

…et les mollesses d’aujourd’hui et de demain

Séminaires “Questes” : Amitiés

Source : Questes

30 janvier 2026 : Séminaire Amitiés(1)

13 février 2026 : Séminaire Amitiés(2)

20 mars 2026 : Séminaire Amitiés(3)

17 avril 2026 : Séminaire Amitiés(4)

Le séminaire mensuel du groupe a lieu un vendredi par mois de 18h à 20h, à la Maison de la Recherche de la Sorbonne (28 rue Serpente, 75005), en salle D116.

Journée d’étude – Time and Emotions in Premodern Europe

Source : Agenda des médiévistes

Wednesday 18 March 2026
University of Antwerp, City Campus (location will be communicated)

This workshop is part of the annual Raymond Van Uytven Chair in Urban History. In 2026, Prof. Dr. Miri Rubin is the chairholder. This Chair is coordinated by the Centre for Urban History at the University of Antwerp.

Programme :

Session 1: Feeling Time

9:30 Melancholic Merchants. Future Thinking and Emotions in Late Medieval Italy – Nicolò Zennaro, University of Antwerp

10:10 Feeling the Strain? Emotions of Time in the Diary of David Beck – Gerrit Verhoeven, University of Antwerp

10:50 Coffee break

Session 2: Images of Emotional Time

11:00 The Virgin’s Foresight, Visualised – Miri Rubin, Queen Mary University of London

11:40 The Passions of the Sandglass – Matthew Champion, University of Melbourne

12:20 Lunch (for speakers only)

Session 3: Objects of Emotional Time

13:10 Moving in and out of time. Processional ornaments in the confraternity of the Holy Blood in Bruges (15th and 16th centuries) – Anne-Laure Van Bruaene, Ghent University

13:50 « Eating Saints and “translating” relics. Nunneries and Medicinal Cannibalism in the Spanish Netherlands in the 1630s. » – Marc Jacobs, University of Antwerp

14:30 Expression of Emotions and Feelings in Timekeeping. Instruments Preserved at the Royal Museums of Art and History (Brussels): A Few Singular Cases – Sophie Balace, Royal Museums of Art and History Brussels

15:10 Coffee break

Session 4: Rhythms and Regimes of Time

15:30 Is the Night Time the Right Time? Urban society, craft guilds and the night in the late medieval Low Countries – Peter Stabel, University of Antwerp

16:10 To Move or Be Moved? Early Modern Rhythms of Mobility and Emotions – Sanne Hermans, University of Antwerp

17:00 End

 

Medieval Histories of Disability and Emotions

Journal of Medieval History, Volume 51, Issue 2 (2025)
CONTENTS:
Medieval Histories of Disability and Emotions
Introduction
Medieval Histories of Disability and Emotions: An Introduction — Ninon Dubourg, Sara Scalenghe, Pieter Verstraete
 
Research Articles
 
Fear of Humiliation, Desire for Humility: Shame and Physical Disability in Medieval Exempla, Twelfth to Fourteenth Centuries — Léo Delaune
 
On the Relationship Between Disability and Emotion at the End of the Sixth Century: A Reading of the Dialogi of Pope Gregory the Great — Emanuele Piazza
 
Testimonies of Emotions: Disability and Miraculous Cures in Louis IX’s Canonisation Process in Thirteenth-Century France — Ninon Dubourg
 
Osteobiographies of Disability and Emotions in Medieval Culmen, Poland — Magdalena D. Matczak, Tomasz Kozłowski, Wojciech Chudziak
 
Emotions and Disability in Late Medieval Venice (Fourteenth and Fifteenth Centuries) — Silvia Carraro
 

 

Érôs au Moyen Âge. Hommage à Charles Baladier (Sorbonne Université, 23-24 janvier)

 

Eros au moyen age - Charles Baladier - Les éditions du Cerf - Grand format  - Paris Librairies

SORBONNE UNIVERSITÉ, 23-24 JANVIER 2026

Érôs au Moyen Âge

Hommage à Charles Baladier

Colloque organisé par François Trémolières et Jean-René Valette avec le concours de l’EA EETM, l’ED 022 Mondes anciens et médiévaux (Sorbonne Université) et du CELLAM (Université Rennes 2)

Inscription obligatoire auprès de jrvalette@gmail.com

VENDREDI 23 JANVIER 2026

AMPHITHÉÂTRE CHASLES

9h –Accueil

Matinée, présidence Damien Boquet

9 h 30 Cédric Giraud, « Charles Baladier lecteur des théologiens médiévaux »

10 h 10 Amela Saric, « La delectatio morosa, ou l’histoire d’une catégorie psychologique entre théologie scolastique, poétique courtoise et anthropologie affective »

10 h 50 Pause

11 h 10 Alberto Frigo, « Mora : espace et temps érotique dans Aventure et discours dans l’amour courtois »

11 h 50 Corinne Cooper, « Charles Baladier et l’éthique de la distance »

12 h 30 Pause déjeuner

Après-midi, présidence Jacqueline Cerquiglini-Toulet

14 h 00 Valérie Fasseur, « Ce que la mise en narration fait à la delectatio morosa et réciproquement »

14 h 40 Sarah Waroquet, « L’amour de loin, et après ? La delectatio morosa jusque dans les draps des amants courtois »

15 h 10 Émilie Morvan, « Amour courtois et dépersonnalisation »

15 h 50 Pause

16 h 10 Valeria Russo, « Visions de la faute à partir de l’érôs »

16 h 50 Anita Guerreau-Jalabert, « Érôs au Moyen Âge et les thèmes de la fin’amor : pour une lecture socio-historique des textes littéraires  

SAMEDI 24 JANVIER 2026

SALLE DES ACTES

Présidence Dominique Iogna-Prat

9 h 30 Yasmina Foehr-Janssens, « La delectatio morosa comme “plaisir propre au désir” : une érotique genrée ? »

10 h 10 Christophe Grellard, « Delectatio morosa et pollutio nocturna à la fin du Moyen Âge »

10 h 50 Pause

11 h 10 Table ronde

Damien Boquet, Dominique Iogna-Prat, François Trémolières, Jean-René Valette

12 h 30 Clôture du colloque

The Joy of Love in the Middle Ages

Source : Cambridge university Press

Kaempfer L. The Joy of Love in the Middle Ages: A European Literary History. Cambridge University Press; 2025.

Joy in literature and culture remains a little-studied subject, one sometimes even viewed with suspicion. Here, Lucie Kaempfer reveals its place at the crux of medieval discourses on love across the philosophical, spiritual and secular realms. Taking a European and multilingual perspective stretching from the twelfth century to the metaphysical poets of the seventeenth, she tells a comparative literary history of the writing of love’s actual or imagined fulfilment in medieval Europe. Kaempfer attends to the paradox of the endlessness of desire and the impossibility of fulfilment, showing the language of joy to be one of transcendence, both of language and of the self. Identifying, through close analysis of many arresting examples, a range of its key features – its inherent lyricism, its ability to halt or escape linear narrative, its opposition to self-sufficient happiness – she uncovers a figurative and poetic language of love’s joy that still speaks to us today.

Anthropologie trans et queer des mondes pré-modernes (Séminaires)

Source : calenda

ATQ – Programme 2025-2026

Un espace de réflexion collective autour des questions trans et queer, des mondes antiques au long Moyen Âge, proposant une approche réflexive des concepts de corps, de sexe et de genre et de leurs nouages dans différentes cosmologies, dans une perspective comparatiste. L’enjeu central du groupe de travail réside dans l’élaboration collective d’une base de données ouverte, composée de notices bibliographiques critiques d’ouvrages et articles à même de concerner les études trans et queer.

 

Présentation

Le séminaire « Anthropologie trans et queer des mondes pré-modernes » entend constituer un groupe de travail transdisciplinaire au sein d’AnHiMA et d’AHLoMA-CRH, conçu comme un espace de réflexion collective autour des questions trans et queer, des mondes antiques au long Moyen Âge. Il se propose de mettre en œuvre une approche réflexive des concepts de corps, de sexe et de genre et de leurs nouages dans différentes cosmologies, dans une perspective comparatiste. À travers une approche interdisciplinaire et critique centrée sur l’analyse philologique, historique et anthropologique des sources, ce groupe de travail invite étudiants et étudiantes, chercheurs et chercheuses à questionner les catégories modernes telles que masculinité, féminité, sexualité ou identité, en examinant leur processus d’historicisation et leur variabilité anthropologique.

L’enjeu central du groupe de travail réside dans l’élaboration collective d’une base de données ouverte, composée de notices bibliographiques critiques d’ouvrages et articles à même de concerner les études trans et queer. Soucieux de l’initiation méthodologique des jeunes chercheurs et chercheuses, ce travail collectif vise à constituer un cadre intellectuel rigoureux permettant de mieux comprendre comment les normes corporelles et sociales ont été construites, déconstruites et constamment reformulées au fil du temps.

Chaque séance propose une lecture critique de l’historiographie à partir des sources, enrichie ponctuellement par la présence d’auteurs et autrices invité·es à partager leurs recherches. Ce séminaire entend ainsi dépasser les frontières disciplinaires, favorisant un dialogue méthodologique exigeant sur la manière dont les corps, les genres et les sexualités ont été historiquement produits et perçus.

Par une démarche attentive à la complexité historiographique du corps sexué et sexuel, le séminaire ambitionne d’éclairer, sans essentialismes et par un anachronisme contrôlé, la richesse et la diversité des expériences pré-modernes trans et queer.

Ce séminaire est coorganisé par Cléo Carastro (ANHiMA), Camille Campos Fragoso (AHLoMA-CRH) et Mathilde Arnau (CRH-TELEMMe).

Salle Walter Benjamin

Rez-de-chaussée

Institut national d’histoire de l’art

2 rue Vivienne 75002 Paris

Programme

14 octobre 2025, 11h-13h

Séance inaugurale

25 novembre 2025, 11h-13h

Queer – La mise en crise des catégories nominales : une philologie queer

16 décembre 2025, 11h-13h

Féminin – Par-delà le genre en anthropologie : lectures de Nicole Loraux et Marilyn Strathern

13 janvier 2026, 11h-13h

Corps – Queer Sappho ? Parallèles mythiques et corps dégenrés

Avec Sandra Boehringer

27 janvier 2026, 11h-13h

Trans – À la recherche de l’humour sexuel et genré des Frères de Limbourg (XVe siècle)

Avec Clovis Maillet

24 février 2026, 11h-13h

Sexe – La fabrication d’une catégorie devant le juge : le sexe comme fiction interne au droit

Avec Camille Campos Fragoso

10 mars 2026, 11h-13h

Lesbianisme – Du lesbian-like aux gestes de tendresse : penser le lesbianisme au Moyen Âge

Avec Mathilde Arnau

24 mars 2026, 11h-13h

Sodomie – Les amours de Jeanne et Laurence au début du XVe siècle. D’un cas d’hermaphrodisme à une transgression de genre

Avec Damien Boquet et Didier Lett

14 avril 2026, 11h-13h

Nature – L’énigme du genre et les limites de l’art : une lecture attentive d’une gravure de Salomon et la Reine de Saba au Louvre

Avec Nancy Thébaut

26 mai 2026, 11h-13h

Éros – Retour sur Le Banquet de Platon

Avec Cléo Carastro

2 juin 2026, 11h-13h

Sexualité – Actes, identités, ruptures : pour une histoire des sexualités après Foucault

9 juin 2026

Clôture

Écritures médiévales de la pleurabilité. Éthiques et frontières de la compassion au Moyen Âge (colloque)

Source : L’agenda des médiévistes

Si l’on en croit les textes médiévaux, la tristesse et la douleur ne sont pas nécessairement des émotions contagieuses. Les pleurs d’un personnage peuvent certes y inspirer la compassion de ceux devant qui ils sont versés. Mais les infortunes d’autrui peuvent aussi susciter des affects variés chez celles et ceux qui les observent, en une polyphonie des points de vue que les fictions confrontent parfois au sein d’un même texte : la paralysie soudaine du héros éponyme de Renaut de Montauban provoque la pitié de certains mais la raillerie des autres ; la mort des fils de Soliman dans la Chanson d’Antioche entraîne l’hilarité des croisés contre le désespoir du père ; dans Sire Hain et dame Anieuse, les blessures d’Anieuse lors du combat qui l’oppose à son mari affligent sa voisine Aupais sans émouvoir le voisin Simon. 

C’est cette conscience du caractère fondamentalement subjectif et variable de la compassion que ces journées d’études se proposent d’interroger. Si le champ bien établi de l’histoire des émotions a déjà longuement exploré, à travers le concept de communautés émotionnelles, la façon dont les normes sociales d’un groupe déterminent qui pleure et comment, ces journées entendent s’intéresser aux conditions, explicites et implicites, délimitant dans les textes médiévaux qui et ce qui peut être pleuré, autrement dit, ce qui est ou non “pleurable”. 

En employant cet adjectif, emprunté à la notion de pleurabilité (grievability) forgée par Judith Butler pour penser l’inégale reconnaissance de la vulnérabilité des individus dans les modèles sociaux contemporains, cet appel voudrait proposer une rencontre entre le champ de l’histoire des émotions et celui de la philosophie politique auquel les travaux de Judith Butler se rattachent : alors que les études sur la pitié, l’empathie et la compassion médiévales se sont beaucoup intéressées aux aspects religieux et dévotionnels voire érotiques de la sensibilité aux malheurs d’autrui, notre approche entend se concentrer sur les conditions sociales et politiques de l’émergence et de l’expression de la pitié. Si, comme l’ont montré les travaux de Butler, la capacité d’un sujet à penser les souffrances d’un groupe est étroitement liée à la visibilisation de ce groupe autant qu’à la reconnaissance sociale dont il bénéficie, des recherches récentes témoignent de la conscience que certains auteurs médiévaux peuvent avoir de ces déterminants sociaux.

Fortes de ce constat, ces journées d’études se proposent d’analyser la façon dont les écrits et les représentations médiévales formulent et théorisent, mais aussi interrogent voire déplacent les conditions sociales et littéraires, politiques et poétiques, qui favorisent ou au contraire interdisent l’éveil et l’expression de la compassion à l’égard des individus ou de groupes qui pourraient être définis comme “à la marge” de la norme sociétale. Au-delà de cet examen d’une possible redéfinition des frontières du pleurable au Moyen Âge selon les contexte, ces rencontres seront l’occasion de réfléchir aux mécanismes éthiques et esthétiques ainsi qu’aux dispositifs d’écriture qui permettent la reconnaissance de certaines souffrances, ou au contraire favorisent la minimisation ou l’invisibilisation de certaines peines. 

En se situant dans une perspective interdisciplinaire cherchant à croiser les domaines de la littérature, de l’histoire et de la philosophie, il s’agira en fin de compte d’explorer les réponses que les textes médiévaux apportent à la question formulée par Judith Butler pour nos temps d’aujourd’hui : “Quels sont les corps qui comptent, et pourquoi ?”.

Programme :

MERCREDI 15 OCTOBRE

14 h 15 INTRODUCTION – Lisa Sancho et Claire Donnat-Aracil

SESSION 1 : LES VOIX DES LARMES : POLYPHONIES DES LAMENTATIONS

14 h 45 La médiation des larmes : qui pleure, pour qui et pour quoi, dans la littérature hébraïque médiévale – Alexandre Cerveux, MCF en musique médiévale, Sorbonne Université/IReMus

15 h 15 Venite a pianger cum Maria. Distributions des pleurs et des lamentations dans le planctus Virginis médiéval – Andrea Ghidoni, chercheur post-doctoral, université de Gênes/université de Pavie

15 h 45 « Gé ! prent en pitié e enten cri e plor » : le son des larmes dans la poésie française transcrite en caractères hébraïques au Moyen Âge – Julien Stout, Assistant Professor, Princeton University

16 h 15 DISCUSSION ET PAUSE

SESSION 2 : RIRE ET COMPASSION : QUESTIONNEMENTS GENERIQUES

17 h Le Roman de Renart et la compassion impossible ? – Valentine Eugène, PRAG, Université Paris Cité

17 h 30 18 h À pleurer de rire : larmes risibles et fallacieuses dans la littérature comique médiévale – Nicolas Garnier, docteur en littérature médiévale, Sorbonne Université

DISCUSSION

JEUDI 16 OCTOBRE

SESSION 3 : TYPOLOGIES DES PLEURS

9 h 30 Le Traité des larmes de Catherine de Sienne, une poétique de la pleurabilité – Naïs Virenque, chercheuse post-doctorale en histoire de l’art, univ. catholique de Louvain

10 h La larme, pas l’œil : nature des pleurs dans le Registre de Gilles le Muisis –Hugo Tullii, doctorant en littérature, université de Neuchâtel

10 h 30 DISCUSSION ET PAUSE

SESSION 4 : SUJET (NON)PLEURANT, SUJET
(IM)PLEURABLE ? COMMUNAUTES DE RECEPTION

11 h 15 Merlin ou le refus des larmes – Lise Fuertes, docteure en littérature, université de Bourgogne

11 h 45 Les larmes du berger : rire, compassion, consolation – Charlotte Guiot, MCF en littérature médiévale, université Lyon II

12 h 15 DISCUSSION

SESSION 5 : LES CORPS QUI COMPTENT : L’EMPATHIE EN FICTION

14 h 30 La chanson de geste tardive : une école de la sollicitude ? – Rose Delestre, doctorante en littérature, université de Genève

15 h De pitié, en larmoiant… » : dichotomie et mobilité empathique dans Le Réconfort de Madame de Fresne d’Antoine de la Sale – Tristan Fourré, ATER, université de Rennes II

15 h 30 DISCUSSION

CONCLUSIONS

Informations pratiques :

15 > 16 octobre 2025

Université Paris Cité, bâtiment des Grands Moulins

Aile 6 | 6e étage | salle Pierre Albouy | 5 rue Thomas Mann | Paris 13e

COMITÉ D’ORGANISATION

Lisa Sancho | sancho.lisa@gmail.com

Claire Donnat-Aracil | claire.donnat@yahoo.com

COMITÉ SCIENTIFIQUE

Emmanuel Bain, Damien Boquet, Estelle Doudet,

Jean-Marie Fritz, Piroska Nagy, Anne Paupert

CET ÉVÉNEMENT A REÇU LE SOUTIEN DE L’APPEL À PROJETS ANIMATIONS SCIENTIFIQUES DE LA FACULTÉ SOCIÉTÉS & HUMANITÉS D’UNIVERSITÉ PARIS CITÉ

Avec le soutien financier de la Cité du Genre, projet inIdEx d’Université Paris Cité, ANR-18-IDEX-0001

With the financial support of la Cité du Genre, inIdEx project of Université Paris Cité, ANR-18-IDEX-0001